Jade, pierres dures et tabatières Agrandir

Jade, pierres dures et tabatières

Le jade a fasciné la Chine, plus que n’importe quelle autre civilisation, qui en a fait un des supports de prédilection de son art, et cela depuis les temps les plus anciens.

Cette pierre, connue en Chine sous le nom de yu (玉), est une néphrite. Sa solidité et sa beauté ont toujours exercé un très grand attrait pour les Chinois. Le jade le plus recherché et réputé est le jade blanc dit « graisse de mouton ». Outre le jade blanc, on peut trouver de nombreuses couleurs et veinures : jaune, gris, noir, rouille, rouge, vert épinard, vert céladon… Les jades veinés seront taillés avec des motifs particuliers par les artisans chinois pour faire ressortir leur beauté et leur spécificité.
A partir de la dynastie Yuan (1279 – 1368), on observe une évolution du style des jades chinois. Sous la dynastie Ming (1368 – 1644), les jades sculptés prennent la forme de vases décoratifs, vaisselle (gobelets, tasses…) épingles à cheveux, parures, objets rituels, petites figurines représentant des animaux mythiques et fabuleux…
Sous les Qing (1644 – 1911), l’approvisionnement en néphrite est facilité et une plus grande abondance de la matière permet aux artistes chinois de laisser libre court à leur fantaisie dans la sculpture des jades. Un vaste répertoire d’objets et de formes est produit pour la Cité Interdite et les hauts dignitaires de la cour impériale: ustensiles domestiques, instruments de lettré (rince-pinceaux, porte-pinceaux, repose-bras, compte-gouttes, presse-papiers, pots à eau…), objets religieux et de cérémonie, parures (colliers, pendentifs, boucles de ceinture), petites boîtes à parfum ajourées, couverts, crachoirs, vases, brûle-parfums, porte-encens, chandeliers, porte-chapeaux, bols couverts, tabatières, coupes, écrans, anneaux d’archers… Ceux-ci rappellent les origines nomades mandchoues de la dynastie Qing. Les jades sculptés de décors bouddhiques et taoïstes aux décors floraux raffinés étaient également très recherchés.
L’empereur Qianlong avait une grande passion pour les objets en jade, qu’il présentait dans son cabinet de lettré. Il collectionnait les jades archaïques et faisait sculpter des vases archaïsants par les artisans de la cour impériale. Sous l’influence de l’empire moghol en Inde et des lapidaires indiens, les Chinois vont également s’intéresser aux jades moghols avec des incrustations de pierres précieuses, notamment de rubis, et au vocabulaire décoratif très différent de celui des jades chinois.

La jadéite, l’agate, l’ambre, le cristal de roche, le jaspe, et la stéatite (pierre de lard) furent également des matériaux de prédilection pour la sculpture. Ils sont employés pour confectionner des tabatières (snuff bottle), des petites figurines sculptées, des pendentifs, des coupes, des objets religieux et des objets de lettrés.