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Porcelaine du Japon

La porcelaine japonaise entre les XVIIe et XVIIIe siècles, rendit  le Japon célèbre pour ses porcelaines, au point que les manufactures européennes (Delft, Meissen, St. Cloud, Vincennes, Sèvres…) n’auront de cesse de s’inspirer des objets d’art  japonais.

Dès 1650, les potiers d’Arita développent leur style propre de porcelaine « bleu et blanc », à l’imitation des porcelaines chinoises de la dynastie Ming.
Entre 1650-1660, les fours d’Arita créent des porcelaines à décor polychrome sur couverte. Vers 1640, Sakaida Kizaemon tente d’imiter le décor « cinq couleurs » chinois (wucai) : il invente un décor d’émaux sur couverte et met au point un rouge-orangé couleur de kaki mûr qui lui vaut son nom d’artiste et celui de ses disciples : Kakiemon. En partie destinée à l’exportation, la porcelaine Kakiémon fut très appréciée en Europe. Ses décors de personnages, d’animaux, de fleurs peuplant des roches formaient des compositions asymétriques très en vogue en Occident.

La porcelaine japonaise se caractérise par des décors d’une grande sobriété, une pâte est très lisse et très dure, et des couvertes parfaites dépourvues de défauts. A partir de 1672, les fours de la région d’Arita adoptèrent les techniques de décors peints en émaux sous couverte. Les pièces parviennent en Europe sous le nom d’Imari, nom du port à partir duquel elles étaient acheminées vers le marché intérieur et extérieur. On distingue trois types d’Imari : les «trois couleurs» dits sansai, les «cinq couleurs» dits gosai et le décor de brocard dit nishiki-de. Arita devint, grâce à la nouvelle argile de Chine, un important centre de céramique. Les porcelaines japonaises bleu et blanc des fours d’Arita furent une source d’approvisionnement importante de céramique au moment où la Chine ne produisait plus de porcelaines à cause des troubles intérieurs. La production de bleu et blanc et de porcelaines à décor polychrome connut un essor considérable, stimulée par la demande de l’étranger et en particulier de l’Europe.
Certaines porcelaines étaient fabriquées pour les nobles, dans des fours qui leur appartenaient, pour leur usage personnel. Ces porcelaines étaient d’une grande qualité technique et artistique.
La porcelaine de Nabeshima, qui apparaît dans les premières décennies du XVIIIe siècle est typique des porcelaines des daimyos. La porcelaine connue sous le nom de « vieux Kutani », Ko-Kutani, possède une palette riche et soutenue : bleu, vert, jaune, rouge, violet… La porcelaine Kutani vert est une variété de Ko-Kutani caractéristique du XIXe siècle.
La porcelaine Hirado, production locale de l’île de Kyushu, fut initialement produite pour l’usage exclusif des daimyos du clan Matsura, sa distribution commerciale étant plus tardive. Les premiers Hirado furent connus pour leur grande qualité et grande finesse d’exécution. L’âge d’or de la porcelaine Hirado s’étend de 1751 à 1843. Dans les années 1840, les fours seront sous contrat avec la Compagnie des Indes Orientales hollandaise. La porcelaine d’Hirado fut ainsi exposée en Europe lors des grandes expositions internationales à la fin du XIXe et du début du XXe siècle, notamment des Expositions Universelles.
La faïence dite de Satsuma, est une production des ateliers de Kyoto de 1780 à 1868 qu’incarnent les œuvres d’artistes céramistes tels que : Makuzu, Meizan, Kozan, Shozan, Kaizan, Shizan, Bizan Taizan Eizan, Kinkozan, Sozan, Itozan. Cette porcelaine revêt une glaçure couleur crème finement craquelée, émaillée d’émaux dit impériaux, opaques et épais, que la dorure vient soigneusement rehausser.