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Laque du Japon

L’art du laque au Japon vient de Chine et l’expertise entre les objets laqués de chine ou du japon est parfois difficile, et différencier laque de Chine ou du Japon n’est pas aisé.

L’art du laque découle d’une longue tradition qui remonte à des temps très anciens (période Jômon - avant 5000 av. JC – IIIe siècle av. JC). Les techniques vont se perfectionner au fil du temps, depuis les laques bouddhiques de l’époque Nara (645 – 794) jusqu’au raffinement des laques de la période Muromachi (1392 – 1573), en passant par les délicats laques de la période Heian (794 - 1185), jusqu’à atteindre des sommets de technicité qui vont faire la renommée de la laque du Japon.

La laque japonaise (guri) est appréciée pour sa finesse et son raffinement, notamment dans ses décors à l’or et à la poudre d’or sur fond noir. Le mobilier (coffres, cabinets…) mais également de plus petits objets, boîtes, écritoires, kobako, shodana, suzuribako, inro, à l’usage des empereurs, des shoguns et de la noblesse, étaient précieusement laqués. La brillance des laques du Japon et la délicatesse de leurs décors dorés (techniques maki-e, hiramaki-e, hirameji, takamaki-e…) les firent apprécier dans leur pays et en Europe. Les objets Namban, notamment caractérisés par des décors d’incrustation de nacre (raden), (laques, porcelaines, paravents, retables, objets religieux à destination des Espagnols et des Portugais) arrivèrent dans la péninsule ibérique durant la période Momoyama (1573-1603).
L’usage de la technique de laque aventurine, dite nashi-ji, s’intensifie au fil des siècles. Les artistes développent également d’autres techniques et esthétiques, inspirées par les laques de Chine et de Corée.
Les laques Negoro, ou les laques noires dite Ro-iro à décor en laque maki-e rouge offrent une esthétique sobre et puissante répondant aux critères de wabi sabi, et qui séduisirent tout particulièrement les maîtres de cérémonie du thé tels que Sen no Rikyû.
L’époque d’Edo (1603 – 1868) voit une évolution importante de l’art du laque. Les artisans vont mettre au point de nouvelles techniques pour produire des laques à l’esthétique chatoyante, ornées de corail, émail, porcelaines, pierres précieuses... Ce goût prononcé pour l’ornementation est particulièrement sensible dans la production de l’ère Genroku (1688-1704). A la même période, l’école artistique Rimpa, emmenée par Ogata Kôrin, développe sur les laques des compositions décoratives inspirées de la littérature classique japonaise.
Les laques des îles Ryukyu usent d’une technique et d’une esthétique propres, issues des techniques de laque chinoise Ming. Les laques sont incrustées de nacre, ou les laques polychromes peintes sont parfois gravées et incrustées d’or.